Titrologie pornographique

ces-unes-qui-font-honte2

La scène a de quoi surprendre. Des enfants qui s’amusent à regarder les unes de presse pour adulte.  Quoique insolite, la chose n’étonne personne. C’est même devenu une habitude que de voir ces titres de presse mis au vu et au su de tous. «Les vendeurs de journaux ne pensent qu’à attirer leurs clients, le reste ne les intéresse plus», déclare un père de famille offusqué.

C’est de coutume en effet de voir dans de nombreux points de vente de presse  des « Unes » pornographiques. « Titrologues », c’est ainsi que l’on nomme ceux qui s’informent seulement par les titres, adultes ou  enfants, tout le monde peut y avoir accès. La décence aurait pourtant voulu  que ces journaux indécents soient mis hors de portée de la population d’un certain âge.

Le chargé du service presse d’une grande librairie de la place explique :

«il n’existe pas en fait une charte disant qu’il faut cacher ce genre de titre. Toutefois pour ne pas choquer la sensibilité des uns et des autres, la presse pour adulte est mise dans un endroit que seuls des habitués connaissent et  peuvent atteindre».

Les propriétaires de ces stands de vente n’auraient ils donc aucune pudeur ?  «Nous n’avons pas assez de place. C’est ce qui nous oblige à afficher tous les titres que nous vendons», se défend un vendeur dans un stand à la Riviera (un quartier huppé de cocody, la commune présidentielle).

Interdire ces « Unes » ?

Deux piquets ou un tableau, c’est à cela que se résume  le mobilier de la majorité des vendeurs.

«Si j’avais une librairie j’aurai fais plus attention», s’excuse un autre vendeur.

Il n’en demeure pas moins qu’en attendant, ces titres sont toujours affichés, provoquant de vives réactions chez certaines personnes.

«On devrait interdire d’afficher ce genre de titres», exige en colère Joseph Zadi, un chef d’entreprise. Beaucoup sont cet avis.

Le motif est simple : il est dégradant  de voir la dignité de la femme bafouée de la sorte.

Il existe des avis  contraires. Certains y trouvant leur plaisir.

 «On en profite pour se rincer les yeux», confie un habitué de cette presse qui préfère rester anonyme.

Cette position est toutefois très peu partagée. Les vendeurs quand à eux, préfèrent ne pas se mêler à la polémique.

Share