Transport – Les garages de la Sotra bientôt saturés

Chaque jour de nombreux bus tombent en panne

Ce que les Abidjanais considèrent comme une infection mécanique à la SOTRA (unique société de bus) est en train de devenir une véritable épidémie de panne. Il ne se passe pas un seul jour sans que des bus de la compagnie ne stationnent sur les routes de la capitale pour des problèmes mécaniques.

Rien que pour la semaine dernière, on a compté (au moins) 6 bus en panne à Marcory, 5 à Yopougon, 3 à Adjamé, 2 à Treichville, 2 sur le pont De Gaulle et 1 à Adjamé.

Les responsables du service technique de la SOTRA que nous avons pu joindre se refusent à tout commentaire et préfèrent laisser le soin à la direction de répondre. Nous avons néanmoins échangé avec des chauffeurs de la SOTRA à la gare nord, au terminus 40, à la gare sud et au quai des bateaux-bus. Il ressort de nos échanges que les bus annoncés comme étant « adaptés à la réalité du tiers monde » ont montré leurs limites au plan technique. Ceux-ci rentrent fréquemment au garage pour des révisions et les moindres secousses sur les routes déjà dégradées d’Abidjan amplifient les problèmes techniques.

Conséquence des pannes

La première conséquence des pannes sur le terrain est l’irrégularité du trafic assuré par les bus. Les Abidjanais s’amassent aux arrêts et s’entassent dans les bus dès que l’un d’entre eux stationne. Sur nos routes, les pannes de bus gênent considérablement la circulation. Le vendredi 7 mai, un bus en panne sur le pont De Gaulle a crée un embouteillage d’Adjamé audit pont. Les chauffeurs de wôrô wôrô (taxi communal) désemparés refusaient de faire le trajet.

Même scénario à Attécoubé : deux bus sont immobilisés sur le boulevard de la paix. L’un vient de percuter l’autre à l’arrière. Les voitures voulant échapper au bouchon sur l’autoroute du nord se retrouvent prises dans un nouvel embouteillage.

Spéculation sur l’origine des pannes

La SOTRA est t’elle en train de payer pour son zèle ? Nombreux sont ceux qui pensent que la surexploitation du parc auto de la compagnie lors de la récente grève dans les transports est à l’origine de ces problèmes techniques. D’autres sont convaincus que les nouveaux bus ne conviennent pas à la réalité de la Côte d’Ivoire. «Un bus peut être bon en Inde ou en Iran mais peut ne pas être bon pour notre pays» souligne un occupant dans un « 90″. «Il ne faut pas regarder aux conditions climatiques ou au niveau de développement pour choisir les marques». Certains pensent que les nids de poules et l’état de dégradation de nos routes sont à l’origine des pannes des bus.

Suy Kahofi

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