Mercredi 3 mars. Tribunal d’Abidjan-plateau (centre des affaires). Il est pratiquement 8h30 quand les premiers procès débutent. Se sont des procès spécialement civils (procès engageant particuliers à particuliers sur des affaires civiles). Une grande majorité des procès civils de ce jour a été reporté (renvoi en bloc) à une date ultérieure. A la grande surprise de certains avocats qui n’en étaient pas informés et qui sont venus plaider pour leurs différents clients. « Quoi ? Un renvoi en bloc ? Mais ils auraient dû quand même nous tenir informés ces gens (parlant des autorités du tribunal), ils ne le font pas, on vient dans l’intention de plaider et c’est par affichage qu’on apprend un renvoi en bloc », s’offusque Maître Adama Coulibaly, avocat.
Néanmoins, les quelques affaires civiles qui ont lieu ce jour ont été jugées …en bloc. C’est-à-dire que tous les dossiers ont été regroupés devant les trois juges de siège de ce jour, et le président de siège a procédé aussi à un renvoie en bloc. Les raisons évoquées par le président : toutes les parties demanderesses (celui qui saisi la justice pour un tort qu’il croit subir d’une autre personne) se sont présentées sans leur défendeur (celui qu’on assigne en justice). « Votre défendeur n’était pas informé que l’affaire devait être jugée aujourd’hui ? », demande maître KEBE, le président de siège à dame Koffi Aya.
Quoiqu’il en soit, le vin est tiré, il faut le boire. Ces personnes reviendront à une date ultérieur pour un autre procès.
10h 30. Aux affaires correctionnelles. Un groupe de 26 personnes menottées deux à deux sont conduits dans la salle d’audience sous haute escorte des forces de l’ordre. Point besoin de se poser des questions sur le statut de ces personnes menottées. On le voit bien. « Tu vois ces gens là, ce sont les ‘’criminelles’’, les ‘’détenus’’ », chuchote à l’oreille de son petit garçon une dame venue assister à l’audience. Pourtant à les voir, rien ne le prouve. L’expression de tous ces visages témoignent le caractère de personnes inoffensives attirant ainsi la pitié de la majorité de personnes venues assistées à l’audience.
10h 45, le juge de siège démarre le procès. C’est encore en bloc qu’il va libérer tous ces 26 cas en un temps record. 20 minutes. Il appelle un à un chaque détenu à venir à la barre. Mais au bout du compte tous les 26 cas ont vu leur jugement être confirmé par la cour. Ce qu’on doit ainsi comprendre c’est qu’il y avait eu un premier procès et que le procès de ce jour était un appel (recours de quelqu’un qui n’est pas satisfait d’un jugement rendu par le tribunal de première instance) à un jugement rendu.
Finalement le jour de ce mercredi n’a vu aucune plaidoirie d’avocat comme ont l’aurait voulu.
Judy-Kaêl Dahé









C comme ça?