Et si le journalisme se pratiquait désormais par des juristes ?
Voici l’expérience que voudraient tenter des étudiants juristes de l’Université de Bouaké (délocalisée à Abidjan).
Pour ceux-ci traiter l’information différemment serait non seulement un pari gagné: mieux la présenter sous un angle nouveau, celui du regard d’un juriste.
C’est donc cette noble ambition que certains étudiants de la fac de droit de l’université de Bouaké, voudraient atteindre en se donnant les moyens d’y arriver. Selon ces derniers, l’univers des medias dans notre pays et particulièrement celui de la presse écrite a souvent présenté l’information de façon trop partisane voir même peu professionnelle.
Selon leur avis, il faut non seulement informer mais aussi rendre objectives les informations qui parviennent aux citoyens. En clair, ce serait leur façon à eux de crédibiliser ce métier de journaliste.
Désirée, étudiante en licence de droit à l’université de Bouaké, explique ce qui l’a poussé à initier ce projet :
« Le constat qui est fait aujourd’hui dans le domaine de la presse écrite est très alarmant, car il semble que ces organes de presse écrivent plus pour les partis politiques que pour le citoyen ordinaire. Chose qui est de nature à décourager nous autres lecteurs neutres du débat politique».
Judy-Kaël Dahé
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A mon avis, pour être un bon journaliste, il faut d’abord apprendre une discipline scientifique en profondeur. Cela peut-être le droit, la médecine, l’économie, l’histoire, la sociologie … Ensuite, il faut avoir la passion de la recherche de la vérité. Puis apprendre les règles de l’écriture et de la profession du journaliste. Le fait d’être sorti d’une école de journalisme n’est pas une garantie qu’on sera nécessairement un bon journaliste. Un juriste qui décide, par exemple, de travailler comme journaliste dans le domaine judiciaire, ou un médecin qui veut le faire dans le domaine médical, serait un excellent journaliste possedant la connaissance parfaite du domaine et ayant une bonne motivation, parce qu’au départ, il n’était pas destiné au journalisme. On appelle cela la spécialisation. Une des tares de notre métier en Afrique, c’est le manque de spécialistes. Chapeau bas à Désirée et ses amis à Bouaké.