15/05/2010 / Yoroba

Un nouveau canard se prépare à se retrouver entre les mains des lecteurs Ivoiriens. « Le Nouveau Courrier ». Si ce titre évoque des souvenirs chez vous, c’est juste que l’initiateur du projet n’est personne d’autre que le blogeur Théophile Kouamouo, ancien Rédacteur en chef de « Le Courrier d’Abidjan ». L’un des quotidiens les plus appréciés à Abidjan, mais qui s’est refermé en 2007, quatre ans après sa création.

« La Passion de l’info, le sens de l’histoire ». C’est autour de ce créneau que l’ancien correspondant de « Le Monde », veut rééditer l’exploit et donner une nouvelle dynamique à la presse écrite fortement en difficulté en Côte d’Ivoire.

« Nous voulons faire un journal qui sera centré sur ses lecteurs, qui traquera la dernière information dans le secteur du news, et qui se distinguera dans son traitement pertinent de l’actualité sportive, culturelle, conso ».

Le 25 mai prochain donc, le premier numéro sera dans les kiosques et à tous les coins de rue. Mais que renferme ce « Nouveau Courrier » ? Pourquoi apparaît-il maintenant ? Que va t-il apporter de nouveau dans un environnement (quasi)saturé ? Dans cet entretien, Théophile Kouamouo nous ouvre les pages de son nouveau quotidien. Interview

Avenue225Vous lancez le 25 mai un quotidien, Le Nouveau Courrier. Qu’est-ce qu’il apportera de plus dans univers quasi saturé ? Et à une période de crise pour la presse écrite ?

Théophile Kouamouo – Nous avons beaucoup hésité avant de nous lancer dans une nouvelle aventure de presse quotidienne en Côte d’Ivoire. Parce que, comme vous, nous avons l’impression que le secteur est « encombré » et que le contexte, caractérisé par une baisse générale des ventes, n’est pas forcément favorable.

Si nous avons finalement choisi d’oser ce nouveau pari, c’est parce que nous croyons profondément que nous pouvons faire quelque chose de différent. Nous voulons faire un journal qui sera centré sur ses lecteurs, qui traquera la dernière information dans le secteur du news, et qui se distinguera dans son traitement pertinent de l’actualité sportive, culturelle, conso… Je prends un exemple : le monde entier parle aujourd’hui de Paul Sika, photographe d’art ivoirien vivant en Côte d’Ivoire et qui a un talent fou. Mais la presse ivoirienne n’en parle pas, prise au piège de l’événementiel.

Ces trois dernières années, j’ai beaucoup travaillé sur Internet et la presse magazine, notamment économique. Je pense que cette expérience cumulée, mais également celle de mon rédacteur-en-chef, Saint-Claver Oula, qui travaille avec des radios internationales, et de toute l’équipe de permanents et de pigistes spécialisés, peut apporter un vent frais au secteur de la presse quotidienne.

Av225Le « Nouveau Courrier » ! Cela fait penser à un (ancien) Courrier. Serait-ce le même modèle ou la même ligne éditoriale ?

TK – Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Le modèle et la trame éditoriale ne changeront pas. Bien entendu, autres temps, autres mœurs. Les choses anciennes sont passées. Le Courrier d’Abidjan est né et s’est fait connaître dans une période différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. Ce qui restera, c’est cette culture de l’analyse en profondeur, des scoops et des prises de position affirmées mais argumentées et refusant la « déification » des leaders politiques, y compris ceux que nous pouvons apprécier.

Av225 – Après Le Temps, Le Courrier d’Abidjan, Objectifs Hebdo, peut-on s’attendre à un projet durable ? En trame de fond, êtes-vous financé par quelqu’un, ou fonctionnez-vous avec des partenaires ? Ou alors, ce projet est TO-TA-LE-MENT le vôtre ?

TKLe Temps est un journal que j’ai créé, que j’ai lancé, mais qui n’a jamais été ma propriété. Le Courrier d’Abidjan a tout de même vécu quatre ans, ce qui est une durée de vie honorable. Objectifs Hebdo n’est pas mort, mais en veilleuse. C’est d’ailleurs la société Avenir Médias, qui l’édite, qui éditera aussi Le Nouveau Courrier. Ce sont les actionnaires d’Avenir Médias, dont je suis l’associé-gérant, qui financent Le Nouveau Courrier. Bien entendu, nous avons investi, mais nous sommes loin d’être riches. Ce qui rendra cette expérience durable, c’est l’adhésion des lecteurs qui garantira, chaque jour, notre viabilité et notre indépendance.

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