21/07/2010 / La Redaction

Les FDS pourront-elles faire la loi au-delà des murs du campus?

Nombreux sont ceux qui sont instruits de l’existence des franchises universitaires qui sont, au sens juridique, du terme un ensemble de dispositions visant à protéger les membres des milieux universitaires notamment les étudiants. On retient surtout de ces dispositions l’interdiction faite par la loi aux forces de police d’opérer dans l’enceinte des facultés et des résidences. Au fil des années bon nombre d’intellectuels et même d’étudiants veulent que ces franchises universitaires soient levées pour que certains agissements jugés nocifs pour les étudiants et le pays tout entier puissent s’arrêter.

Les campus I et II de l’université de Cocody-abidjan  grouillent de monde ce mardi. Les étudiants se déplacent dans tous les sens. Entre une photocopie et un début de cours, on échange sur divers sujets. L’occasion est toute trouvée pour échanger avec des amis sur un sujet qu’on aborde difficilement ici ; celui de la levée des franchises universitaires. Cécile est étudiante et pour elle les franchises universitaires ont permis des ‘’bêtises’’ à l’université.

« C’est triste de savoir que des gens qui sont censés étudier pour servir leur pays deviennent des délinquants protégés par une loi ! La cité est aujourd’hui le lieu de tous les trafics : CD, drogue, proxénétisme et j’en passe. Nos hors-la-loi à nous, qui les capture ? Puisse que la police ne peut pas venir ici . Il faut lever les franchises car tous les jours les étudiants sont victimes de violence sans que personne ne lève le doigt ».

« Je suis d’accord avec Cécile » soutient Oumar. « Un étudiant peut aller faire n’importe quoi dehors et venir se cacher ici. Si on considère que nul n’est au dessus de la loi il faut bien que les franchises disparaissent car certains en abusent ».

Pour bon nombre d’étudiants, le campus étant devenu un repère de gangsters, il est grand temps que les autorités permettent au FDS de faire leur travail au-delà des murs des cités. Du côté des syndicats le son de cloche est différent. « Vu les nombreux antécédents entre étudiants et FDS, lever les franchises c’est ouvrir la voie à toutes sortes de bavures. Si pour un oui ou un non la police doit débarquer, le campus ne sera plus sûr » soutient ce jeune militant de la FESCI avant de conclure « je pense que les étudiants peuvent assurer leur propre sécurité : nous le réussissons avec la protection de l’environnement et les cas d’atteinte à la pudeur. Rien de ce qui nuerait à la vie des étudiants ne saurait être toléré par la FESCI ».

D’autres Ivoiriens sont plutôt pour une levée des franchises sous certaines conditions. « La loi doit revoir les dispositions des franchises : si un étudiant se rend coupable d’une infraction à l’intérieur ou en dehors de l’université, il doit être déféré mais s’il s’agit de petites altercations entre jeunes, leur  syndicat peut s’en saisir » soutient Jean Eude Kouakou enseignant avant d’ajouter« les syndicats d’étudiants doivent eux-mêmes se rendre irréprochables s’ils veulent que les gouvernants maintiennent les franchises universitaires car à force de collectionner les mauvais points et de recruter les faux jetons dans leur rang, ils finiront par se tailler une mauvaise réputation.  Force est à l’autorité et elle peut décider demain sans l’avis de qui que ce soit de lever les franchises alors prudence sur le campus !».

Suy Kahofi