Yopougon-Niangon : Le marché en reconstruction

Reconstruction du marché de Niangon : des bâtiments sortis de terre.

Bruits de bétonnière, fabrication de briques ou même transport et assemblage de fer à bétons…, un ensemble d’activités organisées et rythmées se déroulent sur le site du marché de Niangon-Sud : c’est la reconstruction dudit marché. Une clôture que constituent quelques tôles protège le site et empêche la population  de voir les divers travaux  qui y sont effectués.

Démoli dans le dernier trimestre de l’année 2008 par la mairie de la commune de Yopougon, ce site était considéré par les riverains comme une décharge qui recevait la quasi-totalité des ordures ménagères du quartier. Ce n’est qu’en mars 2010 que les travaux de reconstruction ont débuté, la marie étant le maître d’ouvrage. Cette reconstruction devra s’achever au plus tard en Août 2011.

Reconstruction du marché de Niangon: ouvriers et manoeuvres à pieds d’oeuvre

Selon M. DIALLO, régisseur de la société concessionnaire rencontré sur les lieux, il s’agit d’un marché moderne, sans omettre d’en faire la description. A terme, environ cent soixante (160) magasins construits pour l’essentiel en R+ doivent être livrés. Un seul hangar couvrira tout l’intérieur du marché. Ce dernier – en charpente métallique- doit être supporté par soixante (60) poteaux de 1mètre sur 1 : en cela le promoteur a eu recours à l’expertise du Laboratoire National du Bâtiment et des Travaux Publics (LBTP) pour l’étude du sol.

Ce marché sera doté  aussi de parkings, d’entrepôts et normalement d’un poste de police (les discussions sont encore en cours entre le concessionnaire et le ministère de l’intérieur sur ce point). Une vingtaine de voies seront créées pour favoriser des déplacements aisés à travers le marché. A ce titre, un comité de sécurité sera spécialement mis en place pour éviter que des commerçants s’installent sur ces voies. Le marché  abritera aussi des toilettes et un centre de santé. Cinq à six bouches d’incendie sont prévues pour une réaction prompte, diligente et suffisante (des sapeurs pompiers) en cas de sinistre.

Pour la création de ces vois d’accès ou bouches d’incendies, le promoteur travaille en collaboration avec l’Office National de la Protection Civile(ONPC). La spécificité de ce marché –en construction –réside aussi dans le fait que les commerçants seront regroupés par types d’activités, et ce, dans la perspective d’éviter le désordre dans le marché. Ainsi l’on pourra voir les bijoutiers d’un côté, les bouchers de l’autre, ainsi de suite. D’ailleurs, à ce niveau, le promoteur a déjà commencé à réunir les femmes du vivrier en un groupement d’intérêt commun. Toute chose qui permettra au futur  marché de Niangon d’être « le marché le moins cher de Yopougon», aux dires de M. DIALLO.

Des difficultés avant le démarrage des travaux et des doutes de la part des populations.

Pour arriver au démarrage des travaux de reconstruction du marché, il fallait braver plusieurs épreuves et même aujourd’hui encore les inquiétudes et le scepticisme sont grands au sein de la population. Retenu après appel d’offres, le promoteur a dû procéder au recasement des commerçants sur un nouveau site. Selon M.DIALLO, il a fallu débourser quasiment millions de francs CFA pour créer et organiser ce site à l’Académie (quartier de  Yopougon devant ce nom à sa situation géographique dans la zone de l’Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer (ARSTM). Le concessionnaire bute aussi sur la réticence et la méfiance des populations, prétextant que «  leur marché » a été démoli pour construire soit une station – service, soit une école ou même mieux,  que l’espace a été simplement « vendu à un Libanais».

Par ailleurs, pour ces dernières, cette histoire de marché semble être un « leurre». Le cas du « marché de FICGAYO » (devant servir de marché principal de Yopougon et dont les travaux ont été subitement arrêtés « sans remboursement des cotisations préalables des commerçants ») hante encore les esprits.  » Je ne peux pas mettre mon argent dedans (dans  ce marché). Qu’ils finissent d’abord. Si c’est un vrai marché, on va souscrire après. On a vu ce qui  s’est passé à FICGAYO : des gens ont mis leur argent dans la construction du marché, les travaux ont été arrêtés et on n’a pas remboursé l’argent de ces derniers « , affirme GNANGBO Chantal, coiffeuse installée non loin du site. Selon elle, « rien n’indique que c’est un marché. Il n’y a même  pas de pancarte. On ne nous dit pas aussi que c’est un marché ». Quant à dame Odette, vendeuse de pagnes installée sur un site voisin( privé) après la démolition de l’ancien marché, quoique méfiante, elle semble adhérer au projet : « on dit que c’est un marché. Je suis contente parce qu’on va nous recaser. Nous avons déjà existé sur le marché (site). Et un recensement se fait auprès de M. COULIBALY, président des commerçants du marché (l’ancien précisément) ». En effet, « ça ne marche même pas parce que le marché est dispersé. Il y a plusieurs petits marchés autour de Niangon. C’est parce qu’on ne peut pas rester à la maison qu’on vient encore ici », poursuit-elle.

C’est dire que la livraison du marché permettra la relance des affaires pour le bonheur de tous. Mais avant, il appartient au promoteur de mener une bonne politique de communication –efficace et nécessaire- autour du projet pour dissiper les doutes des uns et des autres.

Evrard Aka

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